Chapitre 11 · Sujet 3 sur 3

Intrusion, contrôle d'accès, interphonie

Les systèmes de sûreté d'un bâtiment tertiaire, leur alimentation, leur câblage et le point délicat des portes verrouillées sur les chemins d'évacuation.

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Niveau 1

L'essentiel

  • L'alarme intrusion détecte une entrée non autorisée ; le contrôle d'accès décide qui peut ouvrir quelle porte ; l'interphonie permet de parler, voir et ouvrir à distance.
  • Ces systèmes fonctionnent en très basse tension, mais ils ont besoin d'une alimentation 230 V fiable et d'une batterie.
  • Une porte sur un chemin d'évacuation doit toujours pouvoir s'ouvrir de l'intérieur, même en cas de coupure ou d'incendie.
  • Les systèmes récents passent souvent par le réseau informatique et sont alimentés par le câble réseau (PoE).
  • L'installation des alarmes intrusion est réglementée en Belgique : vérifiez qui a le droit d'intervenir avant de toucher à une centrale.

Comprendre

L'alarme intrusion

Une centrale reçoit les signaux de détecteurs : détecteurs de mouvement infrarouges, contacts magnétiques sur les portes et fenêtres, détecteurs de bris de vitre. Un clavier ou un badge permet d'armer et de désarmer. En cas d'intrusion, la centrale déclenche une sirène et peut prévenir une centrale de télésurveillance. Les systèmes sont classés en grades de 1 à 4 : plus le risque est élevé, plus le grade est élevé.

Le contrôle d'accès

Un lecteur lit un badge, un code ou une empreinte. Un contrôleur vérifie si cette personne a le droit d'entrer à cette heure-là, puis commande le verrou :

  • une gâche électrique, qui libère le pêne de la serrure ;
  • une ventouse électromagnétique, qui maintient la porte fermée tant qu'elle est alimentée.

Émission ou rupture

C'est la notion la plus importante pour un électricien.

  • À rupture de courant (sécurité positive) : sans courant, la porte s'ouvre. Une ventouse fonctionne toujours ainsi.
  • À émission de courant : sans courant, la porte reste verrouillée. Il faut envoyer du courant pour ouvrir.

Sur une issue de secours, une porte qui reste fermée en cas de coupure peut piéger des personnes. Ces portes utilisent donc des verrous à rupture, libérés aussi par l'alarme incendie (voir La détection incendie) et par un boîtier de déverrouillage d'urgence, souvent vert, placé à côté de la porte.

L'interphonie

Une platine de rue avec bouton, micro, haut-parleur et souvent caméra communique avec des postes intérieurs ou des téléphones. Les anciens systèmes utilisent un bus deux fils ; les nouveaux sont en IP, raccordés au câblage structuré.

Sur le terrain

Dans un centre médical à Anderlecht, la porte d'entrée du personnel est équipée d'une ventouse commandée par badge. Elle se trouve aussi sur le chemin d'évacuation. Vous alimentez l'alimentation 12 V du contrôle d'accès par un circuit repéré. Avec l'installateur, vous vérifiez trois choses : la porte s'ouvre quand on coupe le 230 V, elle s'ouvre quand la centrale incendie passe en alarme, et elle s'ouvre quand on actionne le boîtier vert de déverrouillage d'urgence.

Erreurs fréquentes

  • Remplacer une ventouse par une gâche à émission sur une issue de secours « parce qu'elle est moins chère ».
  • Alimenter une ventouse depuis une alimentation secourue par batterie sans liaison avec l'alarme incendie : en cas d'incendie, la batterie maintiendrait la ventouse alimentée et la porte resterait verrouillée.
  • Faire passer les câbles de détecteurs ou de bus dans la même gaine que des câbles de puissance sans respecter la séparation imposée par le RGIE (voir Séparation BT / TBT et traversées résistantes au feu).
  • Laisser une centrale d'alarme sans batterie ou avec une batterie usée.
  • Monter une caméra sans se soucier de ce qu'elle filme : la vidéosurveillance est encadrée par la loi.

Niveau supérieur

L'essentiel

  • La série EN 50131 fixe les exigences des systèmes d'alarme intrusion selon quatre grades de sécurité.
  • Les verrouillages des issues de secours doivent combiner sécurité des personnes (ouverture garantie) et sûreté (anti-intrusion) : la sécurité des personnes prime toujours.
  • Le PoE (IEEE 802.3af, 802.3at, 802.3bt) simplifie le câblage, mais impose un bilan de puissance par port et pour le commutateur.
  • La continuité de service des systèmes IP dépend aussi du réseau : commutateur, onduleur et câblage doivent être secourus de façon cohérente.
  • Ces systèmes traitent des données personnelles (badges, images) : RGPD et législation sur les caméras s'appliquent.

Approfondir

Grades et architecture intrusion

La série EN 50131 définit quatre grades, du risque faible (grade 1) au risque très élevé (grade 4). Le grade conditionne notamment la résistance au sabotage, la supervision des liaisons, les exigences sur la transmission d'alarme et sur l'alimentation. Les assureurs imposent souvent un grade et un niveau de certification. Un détecteur infrarouge passif réagit à la variation de rayonnement infrarouge d'un corps qui se déplace ; il est sensible aux sources de chaleur mobiles (bouches de soufflage, radiateurs) : son emplacement compte autant que son réglage.

Côté RGIE, l'alimentation d'une installation de surveillance (caméras, détection intrusion) n'est pas considérée comme un procédé industriel : ses câbles posés dans le bâtiment doivent avoir une classe européenne de réaction au feu (Livre 1, 4.3.3.4). Les circuits en TBTS restent séparés des circuits BT : 10 mm d'écart, isolation supplémentaire, ou conducteurs isolés pour la tension la plus élevée (4.2.5.3 c).

Les lignes de détection sont surveillées par des résistances de fin de ligne : la centrale distingue état normal, alarme, coupure et court-circuit (autoprotection). Ne supprimez jamais ces résistances.

Verrouillage et évacuation

Sur un chemin d'évacuation, l'ensemble du dispositif doit garantir l'ouverture : coupure d'alimentation, alarme incendie, commande manuelle d'urgence. Les normes produits (dispositifs de sortie d'urgence, barres antipanique, systèmes de sortie contrôlés électriquement) précisent les exigences ; le cahier des charges et le service d'incendie fixent le dispositif retenu. Côté électricien :

  • l'ordre de déverrouillage incendie doit couper l'alimentation du verrou, pas seulement envoyer une information au contrôleur ;
  • le boîtier de déverrouillage d'urgence agit directement sur l'alimentation du verrou ;
  • l'alimentation secourue du contrôle d'accès ne doit pas maintenir verrouillée une issue de secours en cas d'incendie.

PoE : niveaux de puissance

NormePuissance garantie à la sortie du commutateurPuissance disponible à l'appareil
IEEE 802.3af (Type 1)15,4 W12,95 W
IEEE 802.3at (Type 2)30 W25,5 W
IEEE 802.3bt (Type 3)60 W51 W
IEEE 802.3bt (Type 4)90 W71,3 W

La différence correspond aux pertes dans le câble sur la longueur maximale de canal. Beaucoup de commutateurs réservent la puissance selon la classe annoncée par l'appareil, pas selon sa consommation réelle : le bilan doit se faire des deux façons.

Données personnelles

Un système de badges enregistre qui entre et quand ; une caméra filme des personnes. Le RGPD et la loi caméras s'appliquent. Selon le SPF Intérieur (brochure caméras, besafe.be), pour un lieu fermé, accessible ou non au public : déclaration en ligne sur declarationcamera.be avant la mise en service, validée chaque année ; pictogramme à l'entrée du lieu surveillé ; images conservées un mois au maximum (trois mois pour certains lieux à risque définis par arrêté royal). L'électricien n'en est pas responsable, mais il le signale au client avant de poser une caméra, en particulier orientée vers la voie publique ou un poste de travail.

Exemple chiffré

Bilan PoE d'un commutateur pour un petit immeuble de bureaux :

  • 12 caméras 802.3af, consommation maximale réelle 6,5 W chacune ;
  • 4 platines d'interphonie vidéo 802.3at, 18 W chacune ;
  • 2 contrôleurs de porte 802.3af, 8 W chacun.

Consommation réelle : 12 × 6,5 + 4 × 18 + 2 × 8 = 78 + 72 + 16 = 166 W.

Puissance réservée par classe (cas défavorable d'un commutateur qui réserve le maximum prévu pour chaque appareil, soit 15,4 W par appareil 802.3af et 30 W par appareil 802.3at, par exemple pour des appareils qui ne précisent pas une classe inférieure) : 12 × 15,4 + 4 × 30 + 2 × 15,4 = 184,8 + 120 + 30,8 = 335,6 W.

Un commutateur annoncé à 250 W de budget PoE suffirait en consommation réelle, mais refuserait d'alimenter certains ports s'il réserve par classe. On choisit un commutateur de 24 ports avec au moins 370 W de budget PoE (marge : 370 − 335,6 = 34,4 W), ou un modèle qui alloue la puissance selon la consommation mesurée. Pour l'onduleur qui secourt le commutateur, on additionne la consommation réelle PoE et la consommation propre du commutateur (par exemple 40 W) : 166 + 40 = 206 W.

Erreurs fréquentes

  • Dimensionner un commutateur PoE sur la consommation réelle alors qu'il réserve la puissance par classe.
  • Secourir les caméras par onduleur mais pas le commutateur ou l'enregistreur.
  • Confier le déverrouillage incendie à une simple information logicielle au contrôleur d'accès.
  • Placer un détecteur infrarouge face à une bouche de soufflage ou à une fenêtre ensoleillée.
  • Shunter une résistance de fin de ligne pour « faire disparaître » un défaut d'autoprotection.

Quiz · Niveau 1· Niveau supérieur

  1. Question 1 sur 5Une ventouse électromagnétique n'est plus alimentée. Dans quel état est la porte ?
  2. Question 2 sur 5Pourquoi préfère-t-on un verrou « à rupture » sur une issue de secours ?
  3. Question 3 sur 5Que signifie PoE ?
  4. Question 4 sur 5Un client vous demande de poser des caméras de surveillance dans son commerce. Que doit-il faire avant de les mettre en service ?
  5. Question 5 sur 5Lors du test d'une porte à badge située sur un chemin d'évacuation, que devez-vous vérifier ?

Questions validées : 0 / 5

  1. Question 1 sur 5Un commutateur réserve 15,4 W par appareil 802.3af et 30 W par appareil 802.3at. Il alimente 8 caméras 802.3af et 2 platines 802.3at. Quelle puissance est réservée ?
  2. Question 2 sur 5Consommation réelle : 10 caméras de 7 W et 3 platines de 20 W, plus 35 W pour le commutateur. Quelle énergie l'onduleur doit-il fournir pour 2 h d'autonomie (sans tenir compte du rendement) ?
  3. Question 3 sur 5Quelle puissance un appareil peut-il compter recevoir au bout du câble avec un port IEEE 802.3at ?
  4. Question 4 sur 5À quoi sert la résistance de fin de ligne sur une boucle de détection intrusion ?
  5. Question 5 sur 5Le déverrouillage incendie d'une issue de secours est câblé comme une simple entrée logique du contrôleur d'accès, qui décide ensuite d'ouvrir. Quel est le problème ?

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