Chapitre 09 · Sujet 4 sur 4

L'éclairage de sécurité

À quoi sert l'éclairage de sécurité, comment il est alimenté et vérifié, et comment le dimensionner dans un bâtiment tertiaire belge.

10 min14 minNiveau 1Niveau supérieur

Niveau 1

L'essentiel

  • L'éclairage de sécurité s'allume quand l'éclairage normal tombe en panne, pour permettre d'évacuer, d'éviter la panique et de terminer en sécurité une opération dangereuse.
  • Le Code du bien-être au travail impose un éclairage de secours là où une panne d'éclairage expose les travailleurs à un risque accru ; il doit atteindre au moins 10 % de l'éclairage normal de la tâche concernée.
  • Depuis le RGIE 2020, la durée de fonctionnement n'est plus fixée forfaitairement à 1 h : elle découle du référentiel applicable (loi, norme) ou de l'analyse des risques faite par l'exploitant.
  • On utilise soit des blocs autonomes (chacun a sa batterie), soit une source centrale qui alimente des luminaires répartis.
  • Les sorties et chemins d'évacuation sont signalés par des pictogrammes verts normalisés (personnage qui court, flèche).

Comprendre

Les fonctions

  • Éclairage d'évacuation : éclaire les chemins de sortie et rend visibles les portes, escaliers, changements de direction, extincteurs et boutons d'alarme.
  • Éclairage anti-panique : dans les grands locaux (salle de réunion, hall), donne assez de lumière pour que les personnes rejoignent un chemin d'évacuation sans panique.
  • Éclairage des zones à haut risque : permet d'arrêter en sécurité une machine ou un processus dangereux.
  • Signalisation : les pictogrammes indiquent où aller. Ils doivent rester visibles même en cas de panne.

Ces fonctions font partie des installations de sécurité.

Permanent ou non permanent

Un bloc non permanent reste éteint tant que le réseau est présent et s'allume en cas de coupure. Un bloc permanent est allumé en continu et reste allumé sur batterie : on l'utilise par exemple pour les pictogrammes des lieux où le public doit toujours voir les sorties.

Bloc autonome ou source centrale

Le bloc autonome contient sa batterie et son chargeur : simple à installer, mais il faut contrôler et remplacer chaque batterie. La source centrale regroupe les batteries dans un local : plus facile à surveiller pour un grand bâtiment, mais les câbles vers les luminaires doivent continuer à fonctionner en cas d'incendie. Le RGIE l'exige pour une source centrale, pas pour les blocs autonomes.

Une règle de câblage simple

Un bloc non permanent détecte la panne en surveillant son alimentation. On le raccorde donc en principe au même circuit que l'éclairage normal de la zone qu'il couvre, en amont de l'interrupteur : si ce circuit tombe, le bloc s'allume.

Sur le terrain

Dans un immeuble de bureaux à Woluwe, le technicien de maintenance réalise l'essai prévu au registre. Il coupe le circuit d'éclairage d'un étage au tableau : tous les blocs du couloir et des escaliers s'allument, sauf un, dont le voyant de charge était éteint depuis des semaines. La batterie est hors service. Il remplace le bloc, note l'intervention dans le registre et vérifie que le pictogramme au-dessus de la porte de l'escalier est bien visible depuis le fond du couloir.

Erreurs fréquentes

  • Raccorder un bloc non permanent sur un circuit différent de l'éclairage qu'il doit secourir : il ne s'allume pas quand cet éclairage tombe.
  • Raccorder un bloc après l'interrupteur : il s'allume chaque fois qu'on éteint la lumière et vide sa batterie.
  • Ne jamais tester les blocs et découvrir les batteries mortes le jour d'une évacuation.
  • Placer un pictogramme hors de vue ou masqué par un faux plafond, une enseigne ou du mobilier.
  • Supprimer un bloc lors d'un réaménagement sans vérifier l'effet sur le chemin d'évacuation.

Niveau supérieur

L'essentiel

  • Les exigences viennent de plusieurs textes : Code du bien-être au travail, RGIE 2020, réglementation de prévention incendie, normes de produit et d'application.
  • La durée de fonctionnement vient d'un référentiel applicable ou de l'analyse des risques de l'exploitant, documentée dans la liste des installations de sécurité (RGIE, Livre 1, 5.5.4).
  • Le dimensionnement porte sur l'éclairement minimal sur les chemins et zones, l'uniformité, la visibilité des pictogrammes, l'autonomie et le temps de mise en service.
  • Les câbles d'une source centrale doivent garantir le fonctionnement pendant l'incendie ; les câbles installés dans les bâtiments répondent aux classes européennes de réaction au feu (voir Les câbles et les classes de réaction au feu).
  • L'entretien et les essais sont consignés ; une source centrale subit au moins un test de basculement sur charge par an (RGIE, Livre 1, 5.5.5.2).

Approfondir

Le cadre réglementaire

SourceCe qu'elle apporte
Code du bien-être (Livre III, Titre I)éclairage de secours là où une panne d'éclairage crée un risque accru ; au moins 10 % de l'éclairage normal de la tâche
RGIE, Livre 1, chapitre 5.5analyse des risques, liste et plans des installations de sécurité ; sources, tableaux, câbles, protections, essais
Prévention incendiel'AR normes de base (modifié en 2012 pour les bâtiments nouveaux) impose un éclairage de sécurité conforme aux NBN EN 1838, NBN EN 60598-2-22 et NBN EN 50172 (source : Volta) ; règlements et avis des pompiers selon le cas
NBN EN 1838 / 50172 / 60598-2-22niveaux d'éclairement et uniformité / conception, essais, registre / luminaires de secours

Les valeurs chiffrées de la NBN EN 1838 (éclairement sur l'axe des chemins, en zone anti-panique, temps de mise en service) se lisent dans l'édition en vigueur ; elles ne sont pas reprises ici.

Analyse des risques et durée

L'exploitant (ou son délégué) réalise l'analyse des risques des installations de sécurité : il les détermine, fixe le temps de maintien de la fonction de chaque consommateur de sécurité et les caractéristiques des sources (RGIE, Livre 1, 5.5.1). Ce temps vient soit d'un référentiel (exigence légale ou norme enregistrée par le NBN), soit de l'analyse des risques (RGIE, Livre 1, 5.5.4) : temps d'évacuation, mobilité des occupants, hauteur du bâtiment, arrêt d'un processus dangereux. La liste et l'analyse sont tenues à la disposition de l'organisme agréé. Les plans des installations de sécurité sont paraphés par l'exploitant avant la réalisation, puis par l'organisme agréé lors du contrôle (RGIE, Livre 1, 5.5.3).

Implantation

On place un luminaire de sécurité aux points critiques : portes de sortie, escaliers et changements de niveau, changements de direction et intersections, équipements de lutte contre l'incendie, postes de premiers secours, boutons d'alarme. Entre ces points, l'espacement découle des données photométriques du luminaire.

Blocs autonomes ou source centrale : ce que dit le RGIE

  • Blocs autonomes (source intégrée) : basculement automatique, autonomie au moins égale au temps de maintien ; la résistance au feu des circuits n'est pas exigée ; l'exploitant fait des tests de basculement réguliers et documente les interventions (RGIE, Livre 1, 5.5.5.1 et 5.5.6.1 a).
  • Source centrale (non intégrée) : seules les batteries, piles, groupes électrogènes indépendants et alimentations sans interruption sont reconnus ; un second branchement au réseau ne l'est pas. Local exclusivement dédié, ventilé, réservé aux BA4/BA5, résistant au feu au moins pendant le temps de maintien. Test de basculement sur charge au moins une fois par an (RGIE, Livre 1, 5.5.5.2 et 5.5.6.2).
  • Câbles d'une source centrale : soit non redondants et résistants au feu (FR2 ou système équivalent, encastrés dans une paroi résistante ou enterrés), soit redondants par des compartiments séparés. Les canalisations ne contiennent que des circuits de sécurité (RGIE, Livre 1, 5.5.6.4 et 5.5.8).
  • Un premier défaut à la terre dans un circuit de sécurité terminal ne doit pas faire perdre la fonction des consommateurs de sécurité : par exemple matériel de classe II, schéma IT surveillé, ou coupure automatique avec luminaires redondants sur plusieurs circuits (RGIE, Livre 1, 5.5.7.5).

Essais

La NBN EN 50172 prévoit notamment un essai de fonctionnement mensuel, un essai d'autonomie annuel et un registre (source : Volta). Les systèmes à autotest ou adressables automatisent ces essais, mais il faut lire les défauts et tenir le registre. Voir Mesures et essais.

Exemple chiffré

1. Règle des 10 %. Un atelier de découpe est éclairé à 500 lx sur le poste de la machine. Une panne d'éclairage pendant la découpe crée un risque accru : l'éclairage de secours doit fournir au moins 10 % × 500 = 50 lx sur ce poste, assez longtemps pour arrêter la machine en sécurité.

2. Batterie d'une source centrale (cas simplifié). Un étage compte 20 luminaires de sécurité de 5 W sur une source centrale 24 V continu. L'analyse de risques a fixé une durée de fonctionnement de 1 h pour ce bâtiment (hypothèse de l'exemple ; la valeur réelle découle de l'analyse de chaque projet).

  • Puissance : P = 20 × 5 = 100 W.
  • Courant de décharge : I = 100 / 24 ≈ 4,17 A.
  • Capacité théorique : C = 4,17 × 1 ≈ 4,17 Ah.
  • Avec un coefficient de vieillissement et de température de 1,25 (hypothèse de projet ; la méthode exacte dépend du fabricant et de la norme) : C ≈ 4,17 × 1,25 ≈ 5,2 Ah.

On choisit une batterie normalisée immédiatement supérieure, en vérifiant sa capacité au régime de décharge réel (la capacité nominale est souvent donnée pour une décharge plus lente). Si l'analyse de risques imposait 2 h, la capacité doublerait : environ 10,4 Ah.

Erreurs fréquentes

  • Reprendre d'office une durée forfaitaire de 1 h sans vérifier le référentiel applicable ni l'analyse des risques (RGIE, Livre 1, 5.5.4).
  • Dimensionner une batterie sur sa capacité nominale à décharge lente alors que la décharge réelle est plus rapide.
  • Confondre éclairage de sécurité et éclairage de remplacement (qui permet de continuer à travailler).
  • Alimenter une source centrale par des câbles qui ne garantissent pas le fonctionnement pendant le temps requis en cas d'incendie.
  • Considérer que l'autotest dispense de lire les défauts et de tenir le registre.

Quiz · Niveau 1· Niveau supérieur

  1. Question 1 sur 5Quand un bloc d'éclairage de sécurité non permanent s'allume-t-il ?
  2. Question 2 sur 5Sur quel circuit raccorde-t-on en principe un bloc non permanent ?
  3. Question 3 sur 5Depuis le RGIE 2020, comment est déterminée la durée de fonctionnement de l'éclairage de sécurité ?
  4. Question 4 sur 5Selon le Code du bien-être, quel niveau minimal doit atteindre l'éclairage de secours d'une tâche où une panne crée un risque accru ?
  5. Question 5 sur 5Lors d'un essai, un bloc ne s'allume pas et son voyant de charge est éteint. Que faites-vous ?

Questions validées : 0 / 5

  1. Question 1 sur 5Un poste dangereux est éclairé à 750 lx en fonctionnement normal. Quel éclairement de secours minimal impose le Code du bien-être ?
  2. Question 2 sur 5Source centrale 48 V, 30 luminaires de 4 W, durée issue de l'analyse de risques : 1,5 h. Quelle capacité théorique, avant coefficients ?
  3. Question 3 sur 5Même installation : on applique un coefficient de vieillissement et de température de 1,25. Quelle capacité retient-on au minimum ?
  4. Question 4 sur 5Quelle est la différence entre éclairage de sécurité et éclairage de remplacement ?
  5. Question 5 sur 5Selon le RGIE, à quelle fréquence minimale l'exploitant doit-il réaliser un test de basculement sur charge d'une source de sécurité centrale (non intégrée) ?

Questions validées : 0 / 5