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Comprendre les calculs électriques

Les principales lois de l’électricité expliquées simplement, avec des calculateurs interactifs et des exemples concrets issus du terrain.

Modifiez les valeurs, observez le circuit réagir et comprenez réellement ce qui se passe.

tensioncourantrésistancepuissanceréactance
AV0 V23 Ω0 AAMPÈREMÈTRERÉSISTANCESOURCE
01

Loi d’Ohm : U = R × I

La tension, le courant et la résistance sont directement liés.

U = R × I
  • I = U / R
  • R = U / I
U
tension — volt (V)
R
résistance — ohm (Ω)
I
intensité du courant — ampère (A)

La loi d’Ohm est la première formule que l’on apprend, et celle que l’on utilise le plus. Elle dit qu’à travers une résistance, la tension est égale à la résistance multipliée par le courant qui la traverse.

Une image aide : la tension est la « pression » qui pousse les électrons, la résistance est l’obstacle qu’ils rencontrent, et le courant est le débit qui en résulte. À tension constante, un obstacle deux fois plus grand laisse passer deux fois moins de courant.

Connaître deux des trois grandeurs suffit toujours pour trouver la troisième. C’est exactement ce que fait le calculateur ci-dessous.

Calculateur

Grandeur à calculer
IIntensité — calculé10 A
  1. I = U / R
  2. I = 230 / 23
  3. I = 10 A

Sous 230 V, une résistance de 23 Ω laisse passer 10 A. Doublez la résistance (46 Ω) et le courant tombe à 5 A ; doublez la tension et il monte à 20 A.

Circuit — loi d’Ohm

Exemple terrain

Un appareil est alimenté sous 230 V et présente une résistance équivalente de 46 Ω. Quel courant absorbe-t-il ?

  1. I = U / R
  2. I = 230 / 46
  3. I = 5 A

Le circuit absorbe donc environ 5 ampères.

À retenir

Plus la résistance augmente, plus le courant diminue à tension constante.

02

Calcul de la puissance électrique : P = U × I

La puissance mesure l’énergie fournie à un appareil à chaque seconde.

P = U × I
  • I = P / U
  • U = P / I
P
puissance active — watt (W)
U
tension — volt (V)
I
intensité du courant — ampère (A)

Un appareil électrique transforme de l’énergie : en chaleur, en lumière, en mouvement. Sa puissance, en watts, dit à quel rythme il le fait. En courant continu, ou pour une charge purement résistive comme un radiateur ou un boiler, elle vaut simplement la tension multipliée par le courant.

C’est le calcul que l’on fait pour savoir si un circuit supporte un appareil : un four de 3 500 W sous 230 V tire environ 15 A, ce qui oriente déjà le choix de la protection et de la section du câble.

1 000 W font 1 kW. Les plaques signalétiques et les factures mélangent les deux : il faut savoir passer de l’un à l’autre sans hésiter.

Calculateur

Grandeur à calculer
PPuissance — calculé2,3 kW
  1. P = U × I
  2. P = 230 × 10
  3. P = 2 300 W = 2,3 kW

Un appareil de 2,3 kW sous 230 V tire 10 A. Un circuit de prises protégé en 16 A peut l’alimenter seul.

Appareil alimenté

Exemple terrain

Une taque de cuisson est alimentée sous 230 V et absorbe 10 A.

  1. P = U × I
  2. P = 230 × 10
  3. P = 2 300 W = 2,3 kW

La taque consomme 2,3 kW lorsqu’elle chauffe à pleine puissance.

À retenir

À tension fixe, la puissance est proportionnelle au courant : doubler le courant double la puissance.

03

Puissance monophasée en alternatif : P = U × I × cos φ

En alternatif, le courant n’est pas toujours en phase avec la tension.

P = U × I × cos φ
  • S = U × I
  • cos φ = P / S
P
puissance active — watt (W)
U
tension — volt (V)
I
intensité du courant — ampère (A)
cos φ
facteur de puissance — sans unité, entre 0 et 1

Sur le réseau 230 V, tension et courant sont des sinusoïdes. Pour une résistance pure, elles montent et descendent ensemble. Mais un moteur, un transformateur ou un ballast de tube fluorescent décalent le courant par rapport à la tension : c’est le déphasage, noté φ (phi).

Seule une partie du produit U × I produit alors un travail utile. Cette partie, la puissance active P en watts, vaut U × I × cos φ. Le produit U × I complet s’appelle la puissance apparente S, en voltampères (VA).

Un cos φ de 1 signifie aucun décalage. Plus il descend, plus le courant est élevé pour la même puissance utile, et plus les câbles chauffent pour rien.

Calculateur

  1. P = U × I × cos φ
  2. P = 230 × 10 × 0,8
  3. S = U × I = 2 300 VA
  4. P = 1 840 W

Le réseau fournit 2 300 VA, mais seuls 1 840 W produisent un travail utile. Le courant est en retard de 37° sur la tension.

Tension et courant — déphasage φ

Exemple terrain

Un moteur monophasé sous 230 V absorbe 10 A avec un cos φ de 0,8.

  1. P = U × I × cos φ
  2. P = 230 × 10 × 0,8
  3. P = 1 840 W

Le moteur absorbe 2 300 VA, mais seuls 1 840 W sont de la puissance active.

À retenir

Un mauvais cos φ augmente le courant, donc l’échauffement des câbles, sans augmenter la puissance utile.

04

Calcul de la puissance triphasée : P = √3 × U × I × cos φ

Trois phases décalées de 120° transportent plus de puissance avec moins de cuivre.

P = √3 × U × I × cos φ
  • I = P / (√3 × U × cos φ)
  • S = √3 × U × I
P
puissance active — watt (W)
U
tension entre phases — volt (V)
I
courant de ligne — ampère (A)
cos φ
facteur de puissance — sans unité, entre 0 et 1

Un réseau triphasé distribue trois tensions identiques, décalées d’un tiers de période (120°). En Belgique, on rencontre le 3 × 400 V + N, où 400 V est la tension entre deux phases, et 230 V la tension entre une phase et le neutre ; on trouve aussi le réseau 3 × 230 V (sans neutre, encore très répandu, notamment à Bruxelles).

Pour une charge équilibrée, la puissance active vaut √3 × U × I × cos φ, avec U la tension entre phases et I le courant dans chaque phase. Le facteur √3 (environ 1,732) vient du décalage de 120° entre les phases.

C’est le calcul de tous les jours pour un moteur, une pompe à chaleur, une borne de recharge triphasée ou un tableau divisionnaire : il permet de passer de la puissance d’une plaque signalétique au courant à protéger.

Calculateur triphasé

  1. P = √3 × U × I × cos φ
  2. P = 1,732 × 400 × 32 × 0,9
  3. S = √3 × U × I = 22,17 kVA
  4. P = 19 953 W ≈ 20 kW

Chaque phase porte 32 A sous 231 V par rapport au neutre. Sur un réseau 3 × 230 V (sans neutre, encore très répandu, notamment à Bruxelles), le même courant ne transporterait que 11,5 kW.

Trois phases décalées de 120°

Exemple terrain

Un tableau triphasé 3 × 400 V alimente une charge équilibrée de 32 A par phase, cos φ = 0,9.

  1. P = √3 × U × I × cos φ
  2. P = 1,732 × 400 × 32 × 0,9
  3. P ≈ 19 953 W ≈ 20 kW

La charge représente environ 20 kW de puissance active.

À retenir

En triphasé, U est la tension ENTRE phases. Utiliser 230 V à la place de 400 V divise le résultat par √3.

Un tableau triphasé à remplacer ou à faire évoluer ? Voir le remplacement de tableau

05

Effet Joule : P = R × I²

Tout conducteur parcouru par un courant chauffe — et le courant compte au carré.

P = R × I2
  • E = R × I2 × t
P
puissance dissipée en chaleur — watt (W)
R
résistance — ohm (Ω)
I
intensité du courant — ampère (A)
t
durée — seconde (s) ou heure (h)

Quand un courant traverse un conducteur, les électrons cèdent une partie de leur énergie à la matière : elle chauffe. C’est l’effet Joule. Il est voulu dans un radiateur ou un fer à repasser ; il est une perte, et un risque, dans un câble ou une connexion.

La puissance perdue en chaleur vaut R × I². Le carré change tout : un courant deux fois plus fort produit quatre fois plus de chaleur dans le même conducteur. C’est pour cela qu’une borne mal serrée, de résistance à peine plus élevée, peut noircir un tableau.

Multipliée par la durée, cette puissance donne l’énergie dégagée : E = R × I² × t.

Calculateur

  1. P = R × I2
  2. P = 0,05 × 202 = 20 W
  3. E = P × t = 20 × 1 h
  4. E = 20 Wh

À 20 A, ce conducteur dégage 20 W de chaleur. À 40 A, il en dégagerait 80 W : quatre fois plus, pas deux.

Conducteur traversé par un courant

Exemple terrain

Une connexion desserrée présente 0,05 Ω et est traversée par 20 A.

  1. P = R × I²
  2. P = 0,05 × 20²
  3. P = 0,05 × 400 = 20 W

Vingt watts concentrés dans une borne de quelques millimètres : de quoi la faire chauffer dangereusement.

À retenir

Doubler le courant multiplie l’échauffement par quatre.

Des traces de chauffe dans un tableau ? Voir le dépannage électrique

06

Résistances en série : Rtotal = R1 + R2 + R3

En série, les obstacles s’additionnent.

Rtotal = R1 + R2 + R3 + …
R
résistance — ohm (Ω)

Des résistances sont en série quand elles se suivent sur un même chemin : le courant n’a pas le choix, il les traverse toutes l’une après l’autre. Le même courant circule donc dans chacune.

La résistance équivalente est la somme des résistances. Elle est toujours plus grande que la plus grande d’entre elles.

Sur le terrain, un câble long, une connexion et un interrupteur forment un circuit en série : chacun ajoute sa petite résistance, et c’est leur somme qui limite le courant.

Calculateur

  1. Rtotal = R1 + R2 + R3
  2. Rtotal = 10 + 20 + 30
  3. I = U / Rtotal = 230 / 60 = 3,83 A
  4. Rtotal = 60 Ω

Le même courant de 3,83 A traverse les 3 résistances. Ajoutez-en une et le total augmente : le courant diminue.

Circuit série

Exemple terrain

Trois résistances de 10 Ω, 20 Ω et 30 Ω sont placées en série.

  1. Rtotal = R1 + R2 + R3
  2. Rtotal = 10 + 20 + 30
  3. Rtotal = 60 Ω

Le circuit se comporte comme une seule résistance de 60 Ω.

À retenir

En série, le courant est le même partout et la résistance totale augmente à chaque ajout.

07

Résistances en parallèle : 1/Rtotal = 1/R1 + 1/R2 + …

En parallèle, chaque branche ouvre un chemin de plus au courant.

1 / Rtotal = 1 / R1 + 1 / R2 + 1 / R3
  • Rtotal = (R1 × R2) / (R1 + R2) pour deux résistances
R
résistance — ohm (Ω)
I
intensité du courant — ampère (A)

Des résistances sont en parallèle quand elles sont branchées entre les deux mêmes points : chacune reçoit la même tension, et le courant se partage entre elles.

Ajouter une branche ouvre un chemin supplémentaire : la résistance équivalente DIMINUE, et elle est toujours plus petite que la plus petite des branches. Pour deux résistances, on utilise la forme « produit sur somme ».

C’est exactement ce qui se passe dans une maison : chaque appareil branché est une branche en parallèle sous 230 V. Plus on en allume, plus le courant total demandé au circuit augmente.

Calculateur

  1. Rtotal = (R1 × R2) / (R1 + R2)
  2. Rtotal = (23 × 46) / (23 + 46)
  3. I = 10 + 5 = 15 A
  4. Rtotal = 15,33 Ω

15,33 Ω, c’est moins que la plus petite branche (23 Ω) : chaque branche ajoutée ouvre un chemin de plus au courant.

Branches en parallèle

Exemple terrain

Deux radiateurs de 23 Ω et 46 Ω sont branchés sur la même prise multiple, sous 230 V.

  1. Rtotal = (23 × 46) / (23 + 46)
  2. Rtotal = 1 058 / 69 ≈ 15,3 Ω
  3. I = 230 / 15,3 = 10 A + 5 A = 15 A

Les deux radiateurs ensemble tirent 15 A sur le même circuit.

À retenir

En parallèle, la tension est la même pour chaque branche et les courants s’additionnent.

08

Loi des nœuds de Kirchhoff : Σ I entrants = Σ I sortants

Le courant ne se perd pas : tout ce qui entre dans un nœud en ressort.

Σ Ientrant = Σ Isortant
I
intensité du courant — ampère (A)

Un nœud est un point où se rejoignent au moins trois conducteurs : un bornier, une barrette de répartition, le peigne d’un tableau. La loi des nœuds dit que la somme des courants qui y entrent est égale à la somme des courants qui en sortent.

Ce n’est rien d’autre que la conservation des charges : aucun électron ne s’accumule ni ne disparaît dans une connexion.

C’est cette loi qui fait fonctionner un différentiel : il compare le courant qui part par la phase et celui qui revient par le neutre. S’il en manque, c’est qu’une partie s’échappe ailleurs — souvent vers la terre, parfois à travers une personne.

Calculateur

  1. Σ Ientrant = Σ Isortant
  2. 10 = 4 + 3 + IC
  3. IC = 10 − 4 − 3
  4. 10 A = 4 A + 3 A + 3 A

Le départ C reçoit 3 A : ce qui entre dans le nœud en ressort, ni plus ni moins.

Un nœud, trois départs

Exemple terrain

Un départ de 10 A alimente trois circuits : 4 A vers A, 3 A vers B. Combien part vers C ?

  1. 10 = 4 + 3 + IC
  2. IC = 10 − 4 − 3
  3. IC = 3 A

Le circuit C reçoit 3 A : 10 A = 4 A + 3 A + 3 A.

À retenir

Ce qui entre dans un nœud en ressort, toujours. Le différentiel s’appuie sur ce principe.

Un différentiel qui déclenche, c’est souvent un courant qui manque au retour. Comprendre le RGIE

09

Loi des mailles de Kirchhoff : Σ U = 0

Le long d’une boucle fermée, les tensions se compensent exactement.

Σ U = 0
  • Usource = U1 + U2
U
tension — volt (V)

Une maille est un chemin fermé dans un circuit. Si l’on fait le tour de la boucle en additionnant les tensions — positives pour ce que la source fournit, négatives pour ce que chaque récepteur consomme — on retombe exactement sur zéro.

Autrement dit, la tension de la source se répartit entre les éléments de la boucle. Chaque résistance « prend » une part proportionnelle à sa valeur : c’est sa chute de tension.

C’est la base de la chute de tension dans les câbles : le câble est une résistance en série avec l’appareil, et il prend sa part des 230 V.

Calculateur

  1. I = U / (R1 + R2) = 230 / 23 = 10 A
  2. U1 = R1 × I = 100 V ; U2 = R2 × I = 130 V
  3. 230 − 100 − 130
  4. Σ U = 0

La source fournit 230 V ; R1 en prend 43 %, R2 le reste. Augmentez R1 : sa part grandit.

Une maille fermée

Exemple terrain

Une source de 230 V alimente R1 = 10 Ω et R2 = 13 Ω en série.

  1. I = 230 / (10 + 13) = 10 A
  2. U1 = 10 × 10 = 100 V ; U2 = 13 × 10 = 130 V
  3. 230 − 100 − 130 = 0

Les 230 V de la source se répartissent en 100 V et 130 V : la somme sur la boucle est nulle.

À retenir

La tension de la source se partage entre les récepteurs, en proportion de leurs résistances.

10

Calcul de l’énergie électrique consommée : E = P × t

La facture ne compte pas des watts, mais des kilowattheures.

E = P × t
  • E (kWh) = P (kW) × t (h)
E
énergie — kilowattheure (kWh) ou joule (J)
P
puissance active — watt (W)
t
durée — heure (h)

La puissance dit à quel rythme un appareil consomme ; l’énergie dit combien il a consommé au total. On l’obtient en multipliant la puissance par la durée de fonctionnement.

L’unité du compteur et de la facture est le kilowattheure : l’énergie consommée par un appareil de 1 000 W pendant une heure. 1 kWh vaut 3,6 millions de joules.

Pour estimer un coût, on multiplie l’énergie par le prix du kWh indiqué sur son contrat. Le résultat reste une estimation : les factures ajoutent des frais fixes, de réseau et des taxes.

Calculateur de consommation

  1. E = P × t
  2. E = 2 kW × 3 h
  3. E = 6 kWh
  4. Coût ≈ 6 × 0,35 ≈ 2,10 €

Estimation indicative : environ 2,10 € pour cette utilisation. Une facture réelle ajoute des frais fixes, de réseau et des taxes.

Compteur

Exemple terrain

Un radiateur d’appoint de 2 000 W fonctionne 3 heures.

  1. E = P × t
  2. E = 2 kW × 3 h
  3. E = 6 kWh

Le radiateur a consommé 6 kWh, soit l’énergie qu’affichera le compteur.

À retenir

kW × h = kWh. Un appareil puissant utilisé peu de temps peut consommer moins qu’un petit appareil qui tourne en permanence.

11

Résistance d’un câble : R = ρ × L / S

Un câble long et fin résiste plus qu’un câble court et épais.

R = ρ × L / S
R
résistance — ohm (Ω)
ρ
résistivité du métal — Ω·mm²/m
L
longueur — mètre (m)
S
section — mm²

Un conducteur n’est jamais parfait : il oppose une petite résistance au courant. Elle augmente avec la longueur (plus de chemin à parcourir) et diminue avec la section (plus de place pour passer).

La résistivité ρ dépend du métal. À 20 °C, elle vaut environ 0,0172 Ω·mm²/m pour le cuivre et 0,0282 Ω·mm²/m pour l’aluminium : à section égale, l’aluminium résiste environ 1,6 fois plus. Certains cours utilisent 1/56 ≈ 0,0178 ; l’écart est faible et va dans le sens de la sécurité.

La résistivité augmente avec la température. C’est pourquoi les calculs de chute de tension utilisent une valeur plus élevée, celle d’un conducteur en service (voir le module 12).

Calculateur

Matériau
  1. ρ = 0,0172 Ω·mm²/m (cuivre, 20 °C)
  2. R = ρ × L / S
  3. R = 0,0172 × 100 / 2,5
  4. R = 0,688 Ω

En aluminium, ce même câble ferait 1,128 Ω. Avec une section de 5 mm², la résistance tomberait à 0,344 Ω.

Le câble

Exemple terrain

Quelle est la résistance de 100 m de câble cuivre de 2,5 mm² à 20 °C ?

  1. R = ρ × L / S
  2. R = 0,0172 × 100 / 2,5
  3. R ≈ 0,69 Ω

Un seul conducteur de 100 m présente environ 0,69 Ω. Aller et retour, il faut compter le double.

À retenir

Doubler la longueur double la résistance ; doubler la section la divise par deux.

12

Calcul de la chute de tension dans un câble

Une partie de la tension se perd en chemin, dans le câble lui-même.

ΔU = 2 × ρ × L × I / S
  • ΔU = √3 × ρ × L × I / S en triphasé
  • ΔU % = ΔU / U × 100
ΔU
chute de tension — volt (V) ou %
ρ
résistivité en service — Ω·mm²/m
L
longueur du câble (aller) — mètre (m)
I
intensité du courant — ampère (A)
S
section — mm²

Le câble est une résistance placée en série avec l’appareil. Le courant qui le traverse y provoque une chute de tension (loi d’Ohm), et l’appareil reçoit un peu moins que la tension de départ.

En monophasé, le courant fait l’aller par la phase et le retour par le neutre : on compte deux fois la longueur, d’où le facteur 2. En triphasé équilibré, le facteur devient √3 et la chute se rapporte à la tension entre phases.

Ces formules sont simplifiées : elles prennent cos φ = 1, ce qui revient à ignorer la réactance des câbles. Pour les sections courantes en habitation (jusqu’à environ 35 mm² en cuivre), cette approximation est légèrement majorante : la chute réelle est un peu plus faible. Elles utilisent une résistivité conventionnelle « en service » (0,0225 pour le cuivre, 0,036 pour l’aluminium), qui tient compte de l’échauffement du conducteur avec une marge de sécurité.

Sur un réseau 3 × 230 V, le monophasé 230 V est pris entre deux phases : le facteur 2 reste valable.

Calculateur de chute de tension

Réseau
Matériau
  1. ΔU = 2 × ρ × L × I / S
  2. ΔU = 2 × 0,0225 × 25 × 16 / 2,5
  3. ΔU % = 7,2 / 230 × 100 = 3,13 %
  4. ΔU = 7,2 V

L’appareil reçoit 222,8 V au lieu de 230 V. En 4 mm², la chute descendrait à 1,96 %.

Le long du câble

Exemple terrain

Un circuit monophasé 230 V en cuivre 2,5 mm² de 25 m alimente une charge de 16 A.

  1. ΔU = 2 × 0,0225 × 25 × 16 / 2,5
  2. ΔU = 7,2 V
  3. ΔU % = 7,2 / 230 × 100 ≈ 3,1 %

L’appareil reçoit environ 222,8 V au lieu de 230 V.

À retenir

La chute de tension grandit avec la longueur et le courant ; on la réduit en augmentant la section.

Sur une installation réelle, le dimensionnement du câble dépend également du mode de pose, du courant admissible, des protections et des prescriptions du RGIE.

Un projet à dimensionner correctement ? Découvrir notre méthode d’étude électrique

13

Impédance : Z = √(R² + X²)

En alternatif, l’opposition au courant a deux composantes.

Z = √(R2 + X2)
  • I = U / Z
  • cos φ = R / Z
Z
impédance — ohm (Ω)
R
résistance — ohm (Ω)
X
réactance — ohm (Ω)

En courant alternatif, un circuit ne s’oppose pas au courant seulement par sa résistance R. Les bobines et les condensateurs ajoutent une réactance X, qui dépend de la fréquence et décale le courant par rapport à la tension.

Résistance et réactance ne s’additionnent pas simplement : elles sont « à angle droit ». L’impédance Z, l’opposition totale, est l’hypoténuse du triangle qu’elles forment — d’où le théorème de Pythagore.

La loi d’Ohm reste valable en alternatif à condition de remplacer R par Z : I = U / Z. L’angle du triangle est le déphasage φ.

Calculateur

  1. Z = √(R2 + X2)
  2. Z = √(32 + 42) = √25
  3. cos φ = R / Z = 0,6
  4. Z = 5 Ω

Sous 230 V, ce circuit laisserait passer 46 A (I = U / Z), avec un déphasage de 53,1°.

Représentation vectorielle

Exemple terrain

Une bobine présente R = 3 Ω et X = 4 Ω.

  1. Z = √(3² + 4²)
  2. Z = √(9 + 16) = √25
  3. Z = 5 Ω

Sous 230 V, elle laisserait passer 230 / 5 = 46 A, avec cos φ = 3 / 5 = 0,6.

À retenir

Z est toujours plus grand que R et que X, mais plus petit que leur somme.

14

Courant de court-circuit : Icc = U / Z

Quand plus rien ne limite le courant, seule l’impédance de la boucle le retient.

Icc = U / Z
Icc
courant de court-circuit — ampère (A)
U
tension — volt (V)
Z
impédance de la boucle de défaut — ohm (Ω)

Un court-circuit est un contact direct entre deux conducteurs sous tension, sans appareil pour limiter le courant. Il ne reste alors que l’impédance des câbles, des connexions et du réseau en amont : quelques dixièmes d’ohm.

Le courant qui en résulte se compte en centaines, voire en milliers d’ampères. La protection doit l’interrompre en quelques millisecondes, et son pouvoir de coupure doit être supérieur au courant de court-circuit possible à cet endroit.

Paradoxe utile : plus le câble est long, plus l’impédance est grande et plus Icc est FAIBLE. Un courant de court-circuit trop faible peut ne pas faire déclencher assez vite le disjoncteur en bout de ligne.

On distingue deux valeurs. L’Icc maximal, à l’origine du circuit, sert à choisir le pouvoir de coupure de la protection. L’Icc minimal, en bout de ligne avec les conducteurs chauds, sert à vérifier que la protection déclenchera assez vite.

Sur un réseau 3 × 230 V, la boucle de défaut passe par deux phases ; la tension à utiliser reste 230 V.

Calculateur

  1. Icc = U / Z
  2. Icc = 230 / 0,5
  3. Icc = 460 A

C’est environ 29 fois le courant normal d’un circuit de prises de 16 A. Une impédance deux fois plus faible donnerait 920 A.

Source → impédance → défaut

Exemple terrain

Un défaut franc se produit sous 230 V sur une boucle de 0,5 Ω.

  1. Icc = U / Z
  2. Icc = 230 / 0,5
  3. Icc = 460 A

Le disjoncteur voit passer environ 460 A et doit couper immédiatement.

À retenir

Plus l’impédance de la boucle est faible, plus le courant de court-circuit est élevé.

Cet outil illustre le principe électrique. Le calcul réel du courant de court-circuit d’une installation nécessite de prendre en compte l’ensemble des impédances du réseau, du transformateur, des conducteurs et des connexions.

15

Réactance inductive : XL = 2πfL

Une bobine freine d’autant plus le courant qu’il change vite.

XL = 2 × π × f × L
XL
réactance inductive — ohm (Ω)
f
fréquence — hertz (Hz)
L
inductance — henry (H)

Une bobine — l’enroulement d’un moteur, d’un transformateur, d’un contacteur — s’oppose aux variations de courant. En alternatif, le courant change de sens cinquante fois par seconde : la bobine résiste donc en permanence à ces changements.

Cette opposition, la réactance inductive, est proportionnelle à la fréquence et à l’inductance. En continu (f = 0), une bobine idéale ne s’oppose pas du tout au courant.

Elle provoque un retard du courant sur la tension : c’est l’origine du mauvais cos φ des moteurs.

Calculateur

  1. XL = 2 × π × f × L
  2. XL = 2 × 3,1416 × 50 × 0,1
  3. XL = 31,42 Ω

Sous 230 V, cette bobine laisse passer 7,32 A. À 100 Hz, sa réactance doublerait et le courant tomberait à 3,66 A.

Bobine sous 230 V

Exemple terrain

Une bobine de 0,1 H est branchée sur le réseau à 50 Hz.

  1. XL = 2 × π × f × L
  2. XL = 2 × 3,1416 × 50 × 0,1
  3. XL ≈ 31,4 Ω

À 50 Hz, cette bobine s’oppose au courant comme une résistance de 31,4 Ω (sans dissiper de chaleur).

À retenir

Quand la fréquence augmente, la réactance d’une bobine augmente.

16

Réactance capacitive : XC = 1 / (2πfC)

Un condensateur laisse d’autant mieux passer l’alternatif que la fréquence est élevée.

XC = 1 / (2 × π × f × C)
XC
réactance capacitive — ohm (Ω)
f
fréquence — hertz (Hz)
C
capacité — farad (F) — souvent en µF

Un condensateur est formé de deux armatures séparées par un isolant. Il ne laisse pas passer le courant continu, mais en alternatif il se charge et se décharge à chaque alternance : un courant circule dans le circuit.

Sa réactance est INVERSEMENT proportionnelle à la fréquence et à la capacité : plus la fréquence monte, plus il laisse passer le courant. C’est le comportement exactement opposé à celui d’une bobine.

Il avance le courant sur la tension. C’est pour cela qu’on installe des batteries de condensateurs pour compenser le retard dû aux moteurs et relever le cos φ.

Calculateur

  1. XC = 1 / (2 × π × f × C)
  2. XC = 1 / (2 × 3,1416 × 50 × 0,0001)
  3. XC = 31,83 Ω

Sous 230 V, ce condensateur laisse passer 7,23 A. À 100 Hz, sa réactance serait divisée par deux et le courant monterait à 14,45 A — l’inverse d’une bobine.

Condensateur sous 230 V

Exemple terrain

Un condensateur de 100 µF est branché sur le réseau à 50 Hz.

  1. XC = 1 / (2 × π × f × C)
  2. XC = 1 / (2 × 3,1416 × 50 × 0,0001)
  3. XC ≈ 31,8 Ω

À 50 Hz, ce condensateur présente environ 31,8 Ω.

À retenir

Quand la fréquence augmente, la réactance d’un condensateur diminue.

17

Fréquence et période : f = 1 / T

Le réseau belge oscille à 50 Hz : une période dure 20 millisecondes.

f = 1 / T
  • T = 1 / f
f
fréquence — hertz (Hz)
T
période — seconde (s)

Une tension alternative se répète à l’identique. La période T est la durée d’un cycle complet ; la fréquence f est le nombre de cycles par seconde. L’une est l’inverse de l’autre.

En Belgique et dans toute l’Europe continentale, le réseau est à 50 Hz. Chaque période dure donc 20 ms, et la tension s’annule cent fois par seconde.

La fréquence intervient dans toutes les réactances (modules 15 et 16) et dans la vitesse de rotation des moteurs asynchrones.

Calculateur

  1. T = 1 / f
  2. T = 1 / 50
  3. T = 0,02 s = 20 ms

C’est la fréquence du réseau belge : la tension change de sens 100 fois par seconde.

Fenêtre de 100 ms

Exemple terrain

Quelle est la période du réseau belge à 50 Hz ?

  1. T = 1 / f
  2. T = 1 / 50
  3. T = 0,02 s = 20 ms

Une alternance complète du 230 V dure 20 millisecondes.

À retenir

Plus la fréquence est élevée, plus la période est courte.

18

Triangle des puissances : S² = P² + Q²

Puissance active, réactive et apparente forment un triangle rectangle.

S2 = P2 + Q2
  • cos φ = P / S
  • Q = S × sin φ
P
puissance active — kilowatt (kW)
Q
puissance réactive — kilovar (kvar)
S
puissance apparente — kilovoltampère (kVA)

En alternatif, la puissance se décompose en deux parties. La puissance active P produit un travail réel : chaleur, lumière, mouvement. La puissance réactive Q fait des allers-retours entre le réseau et les bobines ou condensateurs, sans rien produire, mais elle circule quand même dans les câbles.

La puissance apparente S est celle que le réseau doit réellement transporter. Les trois forment un triangle rectangle : P à l’horizontale, Q à la verticale, S en diagonale.

Le facteur de puissance cos φ = P / S mesure l’efficacité de l’ensemble. Plus il est proche de 1, plus le triangle s’aplatit et moins le réseau transporte de puissance inutile.

Calculateur

  1. S = P / cos φ = 10 / 0,8 = 12,5 kVA
  2. Q = √(S2 − P2) = √(12,52 − 102)
  3. φ = 36,9°
  4. Q = 7,5 kvar

Pour 10 kW utiles, le réseau transporte 12,5 kVA, soit 25 % de plus que nécessaire. Relever le cos φ (par une compensation) réduirait le courant dans les câbles.

Triangle des puissances

Exemple terrain

Un atelier consomme 10 kW de puissance active avec un cos φ de 0,8.

  1. S = P / cos φ = 10 / 0,8 = 12,5 kVA
  2. Q = √(12,5² − 10²)
  3. Q = 7,5 kvar

Le réseau doit fournir 12,5 kVA pour 10 kW réellement utiles.

À retenir

Quand cos φ baisse, S augmente pour la même puissance utile : le réseau transporte davantage pour rien.

19

Dimensionnement d’un circuit : Ib ≤ In ≤ Iz

La charge, la protection et le câble doivent s’emboîter dans le bon ordre.

Ib ≤ In ≤ Iz
Ib
courant d’emploi de la charge — ampère (A)
In
calibre du dispositif de protection — ampère (A)
Iz
courant admissible du conducteur — ampère (A)

Le courant d’emploi Ib est celui que la charge demande en fonctionnement normal. Le calibre In est celui du disjoncteur ou du fusible. Le courant admissible Iz est le courant que le câble peut porter en permanence sans s’échauffer au-delà de sa limite — il dépend de sa section, de son isolant et de son mode de pose.

La règle se lit en deux temps. Ib ≤ In : la protection ne doit pas couper en usage normal. In ≤ Iz : la protection doit couper AVANT que le câble ne surchauffe. Un disjoncteur trop gros pour son câble ne le protège plus.

Une protection ne coupe pas exactement à In : son courant de fonctionnement I2 vaut environ 1,45 × In pour un disjoncteur et environ 1,6 × In pour un fusible gG (à partir de 16 A ; davantage pour les petits calibres). La règle complète est I2 ≤ 1,45 × Iz. Avec un disjoncteur, Ib ≤ In ≤ Iz suffit ; avec un fusible gG, il faut In ≤ environ 0,9 × Iz. Iz lui-même diminue avec la température ambiante et le regroupement des câbles.

C’est le raisonnement de base de tout circuit, de la prise de cuisine au départ d’une borne de recharge.

Vérificateur pédagogique

  1. Ib ≤ In : 18 ≤ 20 → vérifié
  2. In ≤ Iz : 20 ≤ 24 → vérifié
  3. 18 ≤ 20 ≤ 24
Dimensionnement cohérent
Charge → protection → câble

Exemple terrain

Une charge de 18 A est protégée par un disjoncteur 20 A, sur un câble admettant 24 A.

  1. Ib = 18 A ≤ In = 20 A
  2. In = 20 A ≤ Iz = 24 A
  3. 18 ≤ 20 ≤ 24

Le dimensionnement est cohérent : la protection tient la charge et protège le câble.

À retenir

Le disjoncteur protège le câble, pas l’appareil : son calibre ne dépasse jamais ce que le câble supporte.

Cet outil est pédagogique : il vérifie l’ordre des trois courants, pas un dimensionnement réglementaire complet (mode de pose, facteurs de correction, sélectivité, pouvoir de coupure, prescriptions du RGIE).

Un circuit à créer ou à vérifier ? Voir l’installation électrique

Les calculateurs Belix sont conçus comme des outils pédagogiques et d’aide à la compréhension. Ils ne remplacent pas une étude électrique complète, les prescriptions du RGIE, les données des fabricants ou les calculs réalisés par un professionnel qualifié.

Pour mettre ces calculs en situation : la formation Électricité tertiaire, en deux niveaux, avec un quiz par sujet.