Chapitre 08 · Sujet 4 sur 4
Repérage, étiquetage et schémas du tableau
Repérer les circuits, les appareils et les conducteurs d'un tableau de façon cohérente avec le schéma unifilaire et les plans de position.
Niveau 1
L'essentiel
- Chaque appareil du tableau porte un repère, et ce repère est le même sur le schéma unifilaire et sur le plan.
- Les couleurs des conducteurs sont normalisées : vert-jaune pour la protection (PE), bleu pour le neutre, brun, noir et gris pour les phases. En réseau 3 × 230 V, sans neutre, le conducteur bleu peut servir de phase : ne supposez jamais qu'un fil bleu est un neutre hors tension.
- Une étiquette doit dire ce que l'appareil alimente en termes compréhensibles (« Prises bureaux 2.04 – 2.06 »), pas seulement « circuit 7 ».
- Le RGIE impose des schémas et des plans de position à jour, gardés sur place. L'organisme agréé vérifie que l'installation leur correspond.
- Un tableau sans repérage fiable rend chaque dépannage lent et risqué.
Comprendre
Les documents du tableau
Le schéma unifilaire représente chaque circuit par un seul trait, avec ses protections, la section et la longueur des câbles. Les plans de position montrent où se trouvent les prises, points lumineux et appareils, avec le numéro du circuit qui les alimente. Ces documents sont présentés dans Le dossier électrique. Le RGIE demande que ces documents soient tenus à jour et disponibles sur place pour toute personne qui surveille, contrôle, entretient ou modifie l'installation. Un exemplaire reste donc près du tableau, dans une pochette, et un autre dans le dossier de l'installation.
Repérer les appareils
On donne à chaque appareil un repère unique. Une convention claire, appliquée à tout le bâtiment, évite les doublons : par exemple le nom du tableau suivi d'un numéro d'appareil (TD2-Q05 pour le cinquième appareil de protection du tableau d'étage n° 2). Le même repère figure sur la face avant du tableau, sur l'unifilaire et sur les plans.
Repérer les conducteurs
Les couleurs ne suffisent pas quand trois phases arrivent sur un bornier. On ajoute des bagues ou des manchons de repérage sur les conducteurs et des numéros sur les bornes. Le vert-jaune est réservé au conducteur de protection : on ne l'utilise jamais pour autre chose.
Écrire une bonne étiquette
Une bonne étiquette est lisible, durable (gravée ou imprimée, pas au feutre), et utilise les noms de locaux réellement affichés sur les portes. « Éclairage » ne suffit pas quand il y a douze circuits d'éclairage.
Sur le terrain
Un locataire signale qu'une prise du bureau 3.12 ne fonctionne plus, dans un immeuble à Liège. Le technicien consulte le plan de position affiché dans le tableau du 3e : la prise appartient au circuit TD3-Q14. Sur la face avant, l'étiquette TD3-Q14 indique « Prises bureaux 3.10 – 3.12 ». Le disjoncteur est déclenché. Grâce au repérage, la recherche a pris deux minutes. Sans lui, il aurait fallu couper les circuits un par un, en dérangeant tout l'étage.
Erreurs fréquentes
- Repérer « au feutre » sur la porte : l'inscription s'efface et ne suit pas l'appareil.
- Utiliser des noms de locaux qui ne correspondent pas à ceux affichés sur place.
- Modifier un circuit sans mettre à jour l'unifilaire et le plan.
- Utiliser un conducteur vert-jaune comme phase ou comme retour de commande.
- Numéroter deux tableaux avec la même série de repères (deux « Q05 » dans le bâtiment sans préfixe de tableau).
Niveau supérieur
L'essentiel
- En non domestique, le RGIE exige schémas de circuits, plans de position, plans de position des prises de terre et documents des influences externes, numérotés, datés et tenus à jour sur place (RGIE, Livre 1, 3.1.2).
- Le repérage est un système : une convention unique pour tout le bâtiment, documentée dans le dossier.
- Les symboles graphiques suivent la norme IEC 60617 ; les désignations de référence peuvent s'inspirer de la série IEC 81346.
- L'unifilaire doit contenir les informations utiles au contrôle et à l'exploitation : calibres, courbes, sensibilités différentielles, sections, longueurs, mode de pose.
- Le dossier « as-built » doit refléter l'installation réellement réalisée, pas le projet initial.
Approfondir
Ce que le RGIE exige (non domestique)
- Documents : schémas de circuits (unifilaire ou multifilaire), plans de position, plans de position des prises de terre, documents des influences externes ; si d'application, plan et liste des installations de sécurité ou critiques, liste des voies d'évacuation, plans de zonage. Chaque document porte un numéro, une version et une date (RGIE, Livre 1, 3.1.2 et 3.1.2.1 b).
- Contenu des schémas : tensions et nature du courant, schéma mis à la terre, Icc présumés maximaux supérieurs à 3000 A à l'origine et à chaque tableau, caractéristiques des sources, des canalisations (mode de pose, nature, nombre, section, longueur), des protections (courant assigné, pouvoir de coupure, réglages) et des interrupteurs (courant assigné, catégorie d'emploi) (RGIE, Livre 1, 3.1.2.2 b).
- Plaque de chaque tableau : numéro d'identification, tension d'alimentation, schéma mis à la terre, Icc présumé maximal et, si d'application, usage de la filiation (RGIE, Livre 1, 3.1.3.3 b). Les tableaux des parties communes d'un immeuble résidentiel peuvent suivre le repérage domestique.
- Circuits : appareils de commande, de protection et de sectionnement repérés de façon claire, visible et indélébile ; les circuits raccordés en amont de l'interrupteur général sont repérés comme tels (RGIE, Livre 1, 3.1.3.1).
- Modification non importante : le chargé de l'installation complète les schémas et plans pour que l'organisme agréé vérifie à la visite suivante (RGIE, Livre 1, 6.4.7.3).
Contenu d'un bon unifilaire de tableau
Pour chaque départ, on indique au minimum :
| Information | Utilité |
|---|---|
| repère de l'appareil | lien avec la face avant et les plans |
| type, calibre, courbe ou réglages | vérification Ib ≤ In ≤ Iz et sélectivité |
| pouvoir de coupure | vérification face à l'Icc |
| différentiel : type et sensibilité | protection des personnes |
| câble : type, nombre de conducteurs × section, longueur | chute de tension, Icc min |
| destination | exploitation et dépannage |
L'en-tête du schéma mentionne le tableau, son alimentation (repère du départ amont, section du câble d'arrivée), le schéma de liaison à la terre et la tension du réseau (3 × 230 V ou 3N 400 V).
Convention de repérage
Une convention efficace est hiérarchique : bâtiment, tableau, appareil, borne. Les préfixes de lettres permettent de reconnaître la fonction : la série IEC 81346 propose par exemple Q pour les appareils de coupure et de commutation de puissance, F pour les dispositifs de protection, K pour les relais ; les contacteurs de puissance sont classés en Q dans les éditions récentes, alors que l'usage plus ancien les repère souvent en K. L'important n'est pas de suivre une lettre plutôt qu'une autre, mais d'écrire la convention dans le dossier et de l'appliquer partout.
Cohérence entre documents
La plupart des erreurs proviennent de modifications successives. Une méthode robuste :
- chaque modification fait l'objet d'un indice de révision sur l'unifilaire ;
- la face avant, l'unifilaire et les plans sont mis à jour en même temps ;
- l'ancienne version est archivée, la nouvelle remplace celle du tableau.
Le dossier final est traité dans Rapport, dossier as-built et réception. Un repérage fiable est aussi la base de la logique de dépannage.
Repérage des circuits de sécurité
Les circuits qui alimentent des installations de sécurité (éclairage de sécurité centralisé, détection incendie, désenfumage) doivent être immédiatement identifiables pour qu'on ne les coupe pas par erreur. Le RGIE impose de repérer les sources, les tableaux, les appareils de commande et de protection et les consommateurs de sécurité, avec une mention du type « NE PAS DÉCONNECTER L'INSTALLATION DE SÉCURITÉ » sur les appareils de commande et de protection concernés (RGIE, Livre 1, 5.5.8).
Exemple chiffré
Étude de cas : reprise du repérage d'un tableau d'étage.
Lors d'un diagnostic dans un immeuble de bureaux, le tableau du 1er étage compte 36 appareils. Les étiquettes manuscrites indiquent « éclairage », « prises » ou rien du tout. L'unifilaire date de la construction ; trois circuits ont été ajoutés depuis.
Démarche :
- Relevé : pour chaque appareil, noter type, calibre, courbe, sensibilité, section du câble départ.
- Identification : couper un appareil à la fois et repérer les points sans tension, en coordination avec l'occupant.
- Convention : TD1-Q01 à TD1-Q36, préfixe TD1 pour ce tableau, inscrite dans le dossier.
- Rédaction : nouvel unifilaire (indice B), plans de position avec le numéro de circuit à côté de chaque point.
- Contrôle de cohérence : 36 repères en face avant = 36 départs sur l'unifilaire ; chaque point des plans renvoie à un repère existant.
Le relevé met en évidence un circuit de prises en 1,5 mm² protégé par un 32 A : non-conformité à corriger avant toute autre intervention (voir Choisir la protection : Ib ≤ In ≤ Iz).
Erreurs fréquentes
- Livrer l'unifilaire du projet comme as-built alors que le chantier a modifié des circuits.
- Omettre la longueur et le mode de pose des câbles, ce qui empêche toute vérification ultérieure de chute de tension ou d'Icc min.
- Utiliser des symboles « maison » non normalisés.
- Mettre à jour les étiquettes sans indicer la révision de l'unifilaire.
- Mélanger les circuits de sécurité avec les autres sans identification particulière.
