Chapitre 01 · Sujet 3 sur 4
Le dossier électrique : schéma unifilaire et plans de position
Lire, produire et tenir à jour les documents qui décrivent une installation électrique tertiaire, à commencer par le schéma unifilaire et le plan de position.
Niveau 1
L'essentiel
- Une installation sans schémas à jour ne peut pas être contrôlée correctement. Le RGIE impose des schémas et des plans pour toute installation, tenus à jour et disponibles sur place.
- Le schéma unifilaire montre l'organisation électrique : tableau, protections, circuits, câbles, avec un trait par circuit.
- Le plan de position (souvent appelé « schéma de position » sur chantier) montre où se trouvent les appareils dans le bâtiment, sur le plan des locaux.
- Les deux documents utilisent les mêmes repères : le circuit « B3 » de l'unifilaire se retrouve « B3 » sur le plan et sur l'étiquette du tableau.
- Toute modification sur chantier doit être reportée sur les schémas. À la fin, on remet un dossier « as-built » (conforme à l'exécution).
Comprendre
Le schéma unifilaire
On dessine un seul trait par circuit, même s'il y a trois, quatre ou cinq conducteurs. Le nombre de conducteurs est indiqué par de petits traits obliques ou par un chiffre. Pour chaque circuit, on lit au minimum :
- le repère du circuit et sa désignation (« éclairage bureau 1.04 ») ;
- la protection : type, calibre, courbe, éventuellement le différentiel et sa sensibilité ;
- le câble : type, nombre de conducteurs et section ;
- ce qui est alimenté : nombre de prises, de points lumineux, appareil fixe.
Le haut du schéma montre l'arrivée : origine de l'alimentation, interrupteur général, différentiel général s'il existe. La tension et la nature du courant (alternatif, continu) y sont aussi indiquées.
Le plan de position
C'est le plan du bâtiment avec des symboles : prises, interrupteurs, luminaires, tableaux, boîtes. À côté de chaque symbole, on note le repère du circuit et parfois le numéro du point. C'est le document que vous utilisez pour poser et pour dépanner. En logement, le RGIE impose ce repérage (une lettre par circuit, un numéro par point) et donne une liste de symboles de référence. En tertiaire, il n'impose pas de liste de symboles : la bonne pratique est d'expliquer chaque symbole dans une légende.
Les autres pièces du dossier
Plans de chemins de câbles, schémas des tableaux, fiches techniques du matériel, notes de calcul, rapports de mesures et d'essais, rapport de l'organisme agréé, notices et consignes d'exploitation. Le repérage du tableau doit correspondre exactement à ces documents.
Sur le terrain
Vous dépannez une prise morte au 2e étage d'un bureau à Anderlecht. Sur le plan de position, la prise porte le repère C7.3. Au tableau divisionnaire du 2e, l'étiquette C7 correspond à un disjoncteur déclenché. L'unifilaire indique que C7 alimente 6 prises du local 2.12. Vous savez où chercher le défaut avant même d'ouvrir une boîte.
Erreurs fréquentes
- Déplacer une prise sur chantier sans corriger le plan.
- Utiliser des repères différents sur le plan, au tableau et sur l'unifilaire.
- Dessiner l'unifilaire sans indiquer la section des câbles ou le calibre des protections.
- Garder les schémas « dans la camionnette » au lieu de les laisser près du tableau ou dans le dossier remis au client.
Niveau supérieur
L'essentiel
- Le dossier électrique est la référence du contrôle de conformité, des contrôles périodiques et de toute intervention future.
- La cohérence entre note de calcul, unifilaire, plan de position et tableau réel est un critère de qualité vérifiable.
- L'unifilaire porte les données qui permettent de vérifier le dimensionnement : courant d'emploi, protection, section, longueur, chute de tension, différentiel.
- La gestion des versions (indice, date, auteur, nature de la modification) évite de travailler sur un plan périmé.
Approfondir
Ce que le RGIE impose en non domestique
Toute installation non domestique a des schémas de circuits (unifilaires ou multifilaires), des plans de position, un plan de position des prises de terre et un document des influences externes. S'il y a lieu, on ajoute le plan et le rapport de zonage (risque d'explosion), la liste des voies d'évacuation et des lieux à évacuation difficile, le plan et la liste des installations de sécurité et critiques (RGIE, Livre 1, 3.1.2.1 b). Chaque document porte un numéro, une version et une date (3.1.2).
Les schémas de circuits ou leurs annexes reprennent au moins (3.1.2.2 b) : tensions nominales et nature du courant ; schéma de mise à la terre ; courants de court-circuit présumés maximums supérieurs à 3000 A à l'origine et à chaque tableau ; caractéristiques des sources (puissance apparente, tensions, courants, impédances si disponibles) ; pour chaque canalisation, mode de pose, nature, nombre et section des conducteurs, conducteur de protection compris, et longueur ; pour chaque protection, courant assigné, pouvoir de coupure, caractéristique de coupure et réglages ; courant assigné des interrupteurs et contacteurs. Les installations de sécurité et critiques y sont identifiées sans ambiguïté.
Un contrôleur ou un collègue peut ainsi refaire la vérification Ib ≤ In ≤ Iz (voir ce sujet) et la protection contre les contacts indirects sans retourner sur place. Le plan de position situe les tableaux, prises, interrupteurs, points lumineux et appareils fixes ; ces derniers peuvent être omis si le tracé et les extrémités de leurs canalisations sont clairement identifiables (3.1.2.3 b). La liste de symboles du tableau 2.23 vise les installations domestiques (3.1.2.1 a) ; en tertiaire, le RGIE n'impose pas de symboles, et une légende claire reste la bonne pratique.
Les niveaux de schémas
| Document | Échelle | Usage |
|---|---|---|
| Schéma de principe de distribution | Bâtiment entier | Vue d'ensemble : TGBT, divisionnaires, sources de remplacement |
| Unifilaire par tableau | Un tableau | Protections et départs |
| Plan de position par niveau | Un étage | Pose, dépannage, contrôle |
| Plans de chemins de câbles | Un étage | Coordination avec les autres lots |
| Schémas de commande | Une fonction | Automatismes, délestage, asservissements |
Cohérence et versions
Chaque plan porte un cartouche : projet, niveau, indice de révision, date, auteur. Une modification se signale par un nouvel indice et une description courte. En fin de chantier, l'installateur remet les plans as-built. Des plans d'étude non mis à jour ne valent pas plans as-built, même s'ils sont bien dessinés.
Données structurées
Tenir la liste des circuits sous forme de tableau (repère, local, protection, câble, longueur, nombre de points) permet de générer l'unifilaire, les étiquettes et les fiches de mesures sans saisies multiples.
Le dossier après la réception
Les schémas contrôlés lors du contrôle de conformité deviennent la référence des visites de contrôle suivantes. Ils sont actualisés et tenus sur place à la disposition de toute personne autorisée à surveiller, contrôler, entretenir ou transformer l'installation (3.1.2.1 d), dans le dossier de l'installation que l'exploitant doit tenir (9.1.1). Sur un chantier coordonné, les informations utiles aux interventions futures (cheminements, organes de coupure, risques résiduels) alimentent aussi le dossier d'intervention ultérieure remis au maître d'ouvrage.
Exemple chiffré
Contrôle de cohérence d'un extrait de dossier avant la visite de l'organisme agréé.
| Repère | Unifilaire | Tableau réel | Plan de position |
|---|---|---|---|
| D1 | Disjoncteur 16 A courbe C, câble 3G2,5 mm², 8 prises local 1.02 | 16 A courbe C | 8 prises D1 dans 1.02 |
| D2 | Disjoncteur 20 A, câble 3G2,5 mm², 6 prises local 1.03 | 20 A | 6 prises D2 dans 1.03 |
| D3 | Disjoncteur 10 A, câble 3G1,5 mm², éclairage 1.02 et 1.03 | 16 A | Luminaires repérés D3 et D4 |
Analyse :
- D1 : cohérent sur les trois documents.
- D2 : documents cohérents entre eux, mais le couple 20 A / 2,5 mm² doit être justifié par le calcul de Iz selon le mode de pose réel. À vérifier avec la note de calcul (calculateur) avant la visite.
- D3 : le tableau réel porte un 16 A sur un câble de 1,5 mm² alors que l'unifilaire prévoit 10 A. Le disjoncteur posé ne correspond pas à l'étude : on remet le calibre prévu, ou on justifie un autre choix par le calcul. De plus, des luminaires sont repérés D4 sur le plan alors que D4 n'existe pas : le plan est à corriger.
Conclusion : deux corrections (D3 au tableau ou dans l'étude, plan des luminaires) et une vérification de calcul (D2) avant de convoquer l'organisme agréé.
Erreurs fréquentes
- Livrer l'unifilaire d'étude comme as-built alors que des circuits ont été déplacés ou ajoutés.
- Ne pas indiquer les longueurs et modes de pose, ce qui empêche toute vérification ultérieure du dimensionnement.
- Laisser coexister plusieurs versions d'un plan sans indice ni date.
- Oublier les schémas de commande (délestage, asservissements) : ce sont souvent eux qui manquent lors d'un dépannage.
