Chapitre 02 · Sujet 5 sur 5

Risques de chantier : hauteur, VCA, atmosphères explosives

Reconnaître et prévenir les risques non électriques qui touchent l'électricien en tertiaire, du travail en hauteur aux zones à risque d'explosion.

10 min14 minNiveau 1Niveau supérieur

Niveau 1

L'essentiel

  • Sur un chantier tertiaire, l'électricien est souvent blessé par autre chose que le courant : chutes, chutes d'objets, coupures, poussières, bruit.
  • Le travail en hauteur se fait d'abord avec une protection collective (échafaudage avec garde-corps, nacelle). L'échelle ou l'escabeau restent pour des tâches courtes et peu risquées.
  • Plusieurs entreprises travaillent en même temps : c'est la coactivité. Le coordinateur sécurité-santé l'organise.
  • VCA est un système de certification de la sécurité sur chantier. Beaucoup de clients exigent que les travailleurs aient un certificat VCA.
  • Dans certaines zones, l'air peut contenir des gaz, des vapeurs ou des poussières inflammables : ce sont les atmosphères explosives (ATEX). Une étincelle suffit.

Comprendre

Le travail en hauteur

Poser des chemins de câbles à 4 m, des luminaires dans un faux plafond, un détecteur dans une cage d'escalier : tout cela est du travail en hauteur.

  • Échafaudage roulant : roues bloquées, garde-corps complets, monté selon la notice par des personnes formées.
  • Nacelle (PEMP) : formation obligatoire de la part de l'employeur, harnais si la nacelle l'exige, sol vérifié.
  • Escabeau : stable, sur sol plat, jamais sur la dernière marche, pour une tâche courte.
  • Trémies et bords de dalle : toujours fermés ou protégés par un garde-corps.

La coactivité

Le plafonneur, le chauffagiste, le menuisier et vous travaillez dans la même zone. Chacun crée des risques pour les autres : câbles au sol, trous dans la dalle, outils qui tombent. Le plan de sécurité et de santé du chantier et les consignes du coordinateur fixent les règles communes. Respectez les balisages et signalez ce que vous voyez.

VCA

VCA est une liste de contrôle sécurité, santé et environnement pour les entreprises contractantes. L'entreprise peut être certifiée, et les travailleurs passent un examen : B-VCA (VCA de base) pour les ouvriers, VOL-VCA pour les chefs d'équipe et les responsables. Ce n'est pas une loi, mais beaucoup de clients industriels et de grands bâtiments tertiaires l'exigent pour accéder au chantier.

Les atmosphères explosives

On les trouve par exemple près de stockages de gaz ou de solvants, dans des locaux de charge de batteries (dégagement d'hydrogène), dans certains ateliers poussiéreux. Le local est découpé en zones. Dans une zone, le matériel électrique doit être adapté et marqué « Ex ». Vous n'y entrez pas avec n'importe quel outil. Le RGIE y interdit en principe le travail sous tension, et ces installations sont contrôlées par un organisme agréé chaque année, au lieu de tous les 5 ans.

Sur le terrain

Vous tirez des câbles dans le faux plafond d'un supermarché à Charleroi, de nuit, pendant que les rayonnages sont réapprovisionnés. Vous travaillez depuis une plate-forme roulante. Un transpalette passe dans l'allée : la zone autour de votre plate-forme est balisée et le chef d'équipe a convenu avec le responsable du magasin que l'allée reste fermée pendant vos travaux. Sans ce balisage, un choc contre la plate-forme suffit pour provoquer une chute.

Erreurs fréquentes

  • Monter sur la dernière marche d'un escabeau « pour gagner 30 cm ».
  • Retirer un garde-corps « juste le temps » de passer un câble.
  • Percer dans un local inconnu sans avoir vérifié la présence d'amiante ou d'une zone ATEX.
  • Utiliser un tableau de chantier sans protection différentielle ou des rallonges endommagées.
  • Penser que le certificat VCA protège : c'est le comportement sur chantier qui protège.

Niveau supérieur

L'essentiel

  • La prévention suit une hiérarchie : supprimer le risque, protéger collectivement, organiser, puis protéger individuellement.
  • Sur un chantier où plusieurs entreprises interviennent, la coordination sécurité-santé produit un plan de sécurité et de santé, un journal de coordination et un dossier d'intervention ultérieure (DIU) ; l'installateur y contribue.
  • Le zonage ATEX (zones 0, 1, 2 pour les gaz et vapeurs ; 20, 21, 22 pour les poussières) détermine la catégorie du matériel électrique et non électrique autorisé.
  • Deux directives européennes encadrent les atmosphères explosives : l'une pour la protection des travailleurs (1999/92/CE, transposée dans le Code du bien-être, Livre III, Titre 4), l'autre pour les appareils (2014/34/UE). Le RGIE y ajoute ses règles d'installation (Livre 1, chapitre 7.102).
  • En rénovation, les risques cachés (amiante, structures fragiles, installations existantes non repérées) se gèrent avant le premier trou.

Approfondir

Choisir l'équipement de travail en hauteur

SituationÉquipement prioritairePoint de vigilance
Pose de chemins de câbles sur une grande longueurNacelle ou échafaudage roulantSol, obstacles, zone balisée
Intervention ponctuelle dans un faux plafondPlate-forme individuelle roulante avec garde-corpsBlocage des roues, hauteur de travail
Cage d'escalierÉchafaudage adapté aux marchesAncrages, accès des autres occupants
Toiture (photovoltaïque, groupes HVAC)Protections de bord, lignes de vieFragilité des lanterneaux et des plaques

L'échelle sert d'accès ou pour une tâche de courte durée à faible risque, quand un équipement plus sûr ne se justifie pas. C'est le principe du Code du bien-être, Livre IV, Titre 5 (équipements de travail pour des travaux temporaires en hauteur).

Le zonage ATEX

Zone (gaz / poussières)Présence de l'atmosphère explosiveCatégorie d'appareil
0 / 20En permanence ou pendant de longues périodes1
1 / 21Occasionnellement en fonctionnement normal2 (ou 1)
2 / 22Rarement et brièvement, en cas d'anomalie3 (ou 2, ou 1)

L'employeur qui exploite le site établit un document relatif à la protection contre les explosions. Côté RGIE (7.102.5 et 7.102.6), l'exploitant fait déterminer les zones, justifiées dans un rapport de zonage et reportées sur un plan de zonage ; les deux sont approuvés et paraphés par l'exploitant et par l'organisme agréé, et mis à jour à chaque changement d'un paramètre. Le matériel est choisi selon la zone (tableau ci-dessus, 7.102.7), son installation et son entretien sont confiés à des BA4 ou BA5 qui connaissent ce matériel, et le travail sous tension y est interdit sauf exception justifiée (9.3.4.3). Les visites de contrôle sont annuelles (6.5.2). L'installateur n'est pas responsable du zonage, mais il doit le demander avant d'intervenir et choisir un matériel dont le marquage correspond à la zone, au groupe de gaz ou de poussières et à la classe de température. En tertiaire, les cas fréquents sont les locaux de charge de batteries, certaines chaufferies et cuisines industrielles, les stockages de produits inflammables et certains parkings. Voir aussi le stockage par batteries.

Intégrer la sécurité dans la préparation

  • Analyse des risques de la tâche : hauteur, électricité, coactivité, matériaux (amiante), environnement (ATEX, public présent).
  • Planning : travaux bruyants ou poussiéreux hors des heures d'occupation, coupures planifiées avec l'exploitant.
  • Matériel : équipements de travail en hauteur réservés, outillage adapté aux zones, tableau de chantier protégé.
  • Information : accueil sécurité, consignes du coordinateur, permis de travail du site lorsqu'il existe (travail à chaud, accès en zone ATEX).

VCA dans un dossier d'offre

Pour certains clients, la certification VCA de l'entreprise et des travailleurs est une condition d'accès au marché. Elle impose une organisation de la sécurité vérifiable : analyses de risques de tâche, causeries sécurité (« toolbox »), suivi des incidents. Le certificat des personnes a une validité limitée et doit être renouvelé.

Exemple chiffré

Étude de cas : remplacement des luminaires et du câblage d'un atelier de maintenance de bus reconverti en espace logistique.

Données : hauteur sous plafond 7 m ; présence d'une ancienne fosse de visite ; un local de charge pour chariots élévateurs ; bâtiment des années 1970.

  1. Amiante : avant tout percement, demander l'inventaire amiante du bâtiment. Des matériaux suspects (plaques de fibrociment, anciennes gaines) peuvent se trouver sur le trajet des câbles.
  2. Hauteur : 7 m exclut l'escabeau. Choix d'une nacelle ciseaux ; vérification de la capacité du sol et de la position de la fosse (fermée et balisée).
  3. ATEX : le local de charge peut dégager de l'hydrogène. Demander le document de protection contre les explosions et le plan de zonage. Si une zone est définie, le matériel posé doit porter le marquage correspondant ; sinon, s'assurer que la ventilation justifiant l'absence de zone fonctionne.
  4. Coactivité : le client continue à faire circuler des chariots. Zones de travail balisées, horaires définis, coordination avec le responsable du site.
  5. Électrique : consignation des circuits d'éclairage existants avant dépose (voir ce sujet).

Conclusion : cinq risques identifiés avant le premier coup de foreuse, dont un seul est électrique.

Erreurs fréquentes

  • Considérer le harnais comme la protection normale, alors qu'il vient après les protections collectives.
  • Intervenir dans un local de charge de batteries ou une chaufferie sans avoir demandé le zonage.
  • Poser un matériel « étanche » en zone ATEX en croyant qu'il est antidéflagrant : IP et Ex sont deux choses différentes.
  • Oublier de transmettre au coordinateur les informations utiles au DIU (cheminements, organes de coupure, risques résiduels).

Quiz · Niveau 1· Niveau supérieur

  1. Question 1 sur 5Pour poser 40 m de chemin de câbles à 4 m de hauteur, quel équipement est le plus adapté ?
  2. Question 2 sur 5Que signifie la coactivité sur un chantier ?
  3. Question 3 sur 5Le VCA est :
  4. Question 4 sur 5Dans un local de charge de batteries de chariots élévateurs, quel risque particulier faut-il vérifier ?
  5. Question 5 sur 5Vous devez passer un câble et un garde-corps vous gêne. Que faites-vous ?

Questions validées : 0 / 5

  1. Question 1 sur 5Dans quelle zone ATEX une atmosphère explosive gazeuse est-elle présente occasionnellement en fonctionnement normal ?
  2. Question 2 sur 5Quelle catégorie d'appareil est au minimum requise en zone 2 ?
  3. Question 3 sur 5Un luminaire IP66 peut-il être posé en zone 1 ?
  4. Question 4 sur 5Quelle directive européenne vise la protection des travailleurs exposés aux atmosphères explosives ?
  5. Question 5 sur 5À quelle fréquence minimale le RGIE impose-t-il la visite de contrôle d'une installation électrique située en zone à risque d'explosion ?

Questions validées : 0 / 5