La prise de terre : à quoi elle sert, et ce que le contrôle mesure

La prise de terre évacue un courant de défaut vers le sol pour que le différentiel coupe avant qu'une personne ne soit traversée : terre et différentiel travaillent ensemble. Chaque bâtiment en a une, prolongée par les conducteurs de protection et les liaisons équipotentielles. Sa résistance de dispersion est mesurée par l'organisme de contrôle et figure dans le rapport ; au-delà de 30 ohms, le règlement impose une protection différentielle plus sensible.

Les extraits ci-dessous viennent du RGIE, Livre 1 ; chacun porte sa référence, la version de la source et sa date de vérification.

Terre et différentiel : la protection contre le contact indirect

Comment on se protège du contact indirect — c'est-à-dire d'une masse métallique devenue accidentellement sous tension.

La protection repose sur deux niveaux.

1. Éviter le défaut d'isolement lui-même — par une construction sûre du matériel et par un entretien adéquat.

2. Prendre en plus une mesure de protection supplémentaire, choisie parmi :

  • matériel de classe II ou de sécurité équivalente — double isolation
  • ensembles montés en usine à isolation totale
  • isolation supplémentaire ou renforcée apportée lors de la réalisation
  • TBTS — rendre le contact non dangereux par la très basse tension
  • séparation de sécurité des circuits — transformateur d'isolement
  • zone équipotentielle locale non mise à la terre, éloignement, obstacles ou isolation des masses
  • coupure automatique de l'alimentation avec liaison des masses à un conducteur de protection

Cette dernière est celle qu'on rencontre dans presque toutes les habitations : la terre plus le différentiel. Le dispositif de coupure doit respecter la courbe de sécurité, compte tenu des caractéristiques des boucles de défaut et du schéma de mise à la terre.

Deux règles de cohérence : si plusieurs mesures coexistent, elles ne doivent ni s'influencer ni s'annuler mutuellement. Et en présence de plusieurs sources — réseau plus panneaux solaires par exemple — la protection doit rester assurée que l'installation soit alimentée par les deux ou par une seule.

RGIE Livre 1 — 4.2.3.1 · version v06 (AR 06/10/2025) · vérifié le 06/09/2026

De quoi est faite l'installation de mise à la terre

La valeur maximale de résistance de terre en domestique : 100 ohms.

C'est le seuil réglementaire. Pour les installations domestiques et les parties communes d'un ensemble résidentiel, la résistance de dispersion de la prise de terre doit être inférieure à 100 Ω.

À ne pas confondre avec les 30 Ω que mentionnent les rapports : ce sont deux choses différentes.

  • Au-dessus de 100 Ω : non conforme.
  • Entre 30 et 100 Ω : conforme, mais le règlement exige alors au moins deux différentiels 30 mA, chacun reprenant au maximum seize prises.
  • En dessous de 30 Ω : la configuration allégée est possible.

C'est pourquoi les rapports écrivent que la résistance doit « de préférence » être inférieure à 30 Ω : ce n'est pas un seuil de conformité, c'est un seuil qui détermine le nombre de protections exigées.

L'installation de mise à la terre comprend quatre éléments : les prises de terre, les conducteurs de terre, les conducteurs de protection et les liaisons équipotentielles éventuelles.

Ce qui doit être relié à la borne principale de terre lorsqu'une liaison équipotentielle principale est imposée : les canalisations principales métalliques d'eau et de gaz, les colonnes principales métalliques de chauffage central et de climatisation, les éléments métalliques fixes et accessibles de la structure pouvant propager un potentiel, et les éléments métalliques principaux d'autres canalisations.

RGIE Livre 1 — 4.2.3.2 · version v06 (AR 06/10/2025) · vérifié le 06/09/2026

Une prise de terre par bâtiment

La liaison équipotentielle principale est obligatoire dans chaque bâtiment, sans exception — habitation comme local professionnel.

Il s'agit de relier entre eux, et à la terre de l'installation, les éléments conducteurs qui entrent dans le bâtiment : canalisations d'eau et de gaz métalliques, chauffage central, structures métalliques.

Le principe : si tout ce qu'on peut toucher simultanément est au même potentiel, il n'y a pas de différence de tension pour faire circuler un courant à travers le corps. On ne supprime pas le défaut, on supprime l'écart.

C'est une infraction fréquente dans les rapports de contrôle, souvent parce que la liaison a été interrompue lors du remplacement d'une conduite métallique par du plastique.

RGIE Livre 1 — 4.2.3.4.a.4 · version v06 (AR 06/10/2025) · vérifié le 07/09/2026

La résistance de dispersion, mesurée au contrôle

Pourquoi le compteur ne s'ouvre pas sans contrôle.

C'est la règle qui explique une situation que beaucoup découvrent au mauvais moment : pour une installation neuve, celui qui met l'électricité à disposition doit d'abord s'assurer qu'un rapport confirme la conformité.

Ce n'est donc pas une formalité administrative que l'on peut régler après coup : sans rapport conforme, la puissance n'est pas mise à disposition. L'ordre est imposé par le règlement — installation, contrôle, rapport, puis alimentation.

À noter que la règle vise le rapport confirmant la conformité. Un rapport qui constate des infractions n'est pas un rapport qui confirme la conformité.

RGIE Livre 1 — Sous-section 6.4.6.2 · version v06 (AR 06/10/2025) · vérifié le 19/09/2026

Au-delà de 30 ohms : le différentiel compense

Des règles chiffrées peu connues, qui se déclenchent quand la terre est mauvaise.

Si la résistance de terre dépasse 30 ohms, trois exigences s'ajoutent :
— il faut au moins deux différentiels à haute ou très haute sensibilité au lieu d'un seul ;

— chacun ne peut reprendre que 16 socles de prise maximum (un appareil fixe, ou un ensemble d'appareils fixes commandé par un interrupteur commun, compte comme une prise) ;

— et les différentiels placés à l'origine doivent être complétés par au moins un différentiel de 100 mA maximum par circuit ou groupe de circuits, pour protéger les circuits raccordés aux différentiels supplémentaires de l'origine — appareils et machines fixes, prises alimentées par transformateur de séparation, et les autres circuits qui ne relèvent pas du différentiel à haute sensibilité.

Autrement dit : une terre au-dessus de 30 ohms ne rend pas l'installation illégale, mais elle renchérit sérieusement la protection à mettre en place.

Le chauffage électrique par résistances noyées dans une paroi — chauffage par le sol, plafond chauffant — alimenté au-dessus de 25 V alternatif (36 V continu non lisse, 60 V continu lisse) doit être protégé séparément par un différentiel de 100 mA maximum.

RGIE Livre 1 — 4.2.4.3.b, alinéas « chauffage par résistances noyées » et « résistance de dispersion > 30 ohms » · version v06 (AR 06/10/2025) · vérifié le 07/09/2026

Ce que Belix fait

Aucune conclusion ne se tire d'une lecture : la valeur de votre prise de terre se mesure, sur place, avec un appareil — c'est l'une des mesures offertes de l'étape 1, avec le test d'isolement. Le relevé dit si votre terre, vos conducteurs de protection et vos liaisons équipotentielles sont en ordre ; ce qui ne l'est pas entre dans la liste des non-conformités et, si vous le décidez, dans le devis de l'étape 2.