Différentiel 30 mA et 300 mA : comprendre la protection de votre logement
Ce que mesure un différentiel
Un différentiel compare en permanence le courant qui entre dans l'installation par la phase et celui qui en ressort par le neutre. Tant que les deux sont égaux, tout le courant a fait le tour du circuit normalement. Dès qu'une partie « s'échappe » — vers la terre par un appareil défectueux, un conducteur humide ou un corps humain — la différence apparaît, et l'appareil coupe en quelques millisecondes lorsqu'elle dépasse son seuil : 300 mA ou 30 mA.
Il ne réagit donc ni à une surcharge ni à un court-circuit entre phase et neutre : c'est le travail du disjoncteur. Les deux protections sont complémentaires, et une installation conforme a besoin des deux.
300 mA : la protection générale
Le différentiel général, placé en tête de l'installation juste après le compteur, est le plus souvent un modèle 300 mA. Son seuil, volontairement élevé, protège l'installation contre les défauts d'isolement importants et les risques d'incendie qui en découlent, sans couper au moindre courant de fuite naturel (les appareils électroniques, les filtres antiparasites et les longues lignes en produisent un peu).
Le RGIE exige ce différentiel général pour toute installation domestique, et sa sensibilité maximale est fixée à 300 mA. Il est plombé par l'organisme de contrôle lors de la réception de l'installation.
30 mA : la protection des personnes
Un courant de 30 mA traversant le corps humain reste en dessous du seuil où le cœur se dérègle, à condition que la coupure soit rapide : c'est la raison de ce seuil. Le RGIE impose une protection 30 mA sur les circuits des locaux humides — salles de bains et de douche, buanderies — ainsi que pour les machines à laver, lave-vaisselle, chauffe-eau, prises extérieures et certains circuits de chauffage électrique. Dans les installations récentes, l'usage est de couvrir l'ensemble des prises par des 30 mA.
Un différentiel 30 mA est un interrupteur différentiel qui protège un groupe de circuits ; chaque circuit garde en plus son disjoncteur. Une installation typique en compte un pour les locaux humides et un ou deux pour le reste, ce qui évite qu'une fuite dans la salle de bains prive toute la maison de courant.
Pourquoi un différentiel déclenche
Les causes se répartissent en quelques familles : un appareil dont l'isolement est dégradé (résistance de chauffe-eau, de lave-vaisselle ou de sèche-linge, moteur, chauffage d'appoint) ; de l'humidité dans une boîte, une prise extérieure, un luminaire de jardin ou un mur mouillé ; un conducteur abîmé (vis, rongeur, câble enterré) ; ou, plus rarement, un différentiel fatigué qui déclenche sous son seuil.
Un déclenchement qui ne survient qu'à certains moments — la nuit quand le chauffe-eau chauffe, quand il pleut, quand une machine tourne — est un indice précieux : il désigne l'appareil ou le circuit qui n'est alimenté ou mouillé qu'à ce moment-là.
Un différentiel qui saute n'est jamais « capricieux ». Le maintenir enclenché en le forçant, ou le remplacer par un modèle moins sensible, supprime la protection des personnes. Si un différentiel déclenche sans cause trouvée, faites mesurer l'installation.
Comment le technicien trouve la fuite
La méthode commence par l'isolement circuit par circuit : tous les disjoncteurs abaissés, différentiel réarmé, puis chaque circuit remonté à tour de rôle. Une fois le circuit identifié, le technicien mesure la résistance d'isolement de chaque conducteur vers la terre avec un appareil dédié (mesure sous 500 V, hors tension), puis sectionne le circuit — appareils débranchés, boîtes, tronçons — jusqu'au point où la mesure redevient normale.
Il contrôle ensuite le différentiel lui-même (courant et temps de déclenchement) et la prise de terre, car un différentiel ne protège correctement que si la terre de l'installation est bonne. Le résultat figure sur le bon d'intervention.
Ce que dit le RGIE, en pratique
Pour un logement, retenez : un différentiel général de 300 mA maximum en tête ; des 30 mA pour les locaux humides, les appareils qui y sont raccordés, les prises extérieures et les équipements énumérés par le règlement ; un bouton test sur chaque différentiel ; une prise de terre dont la résistance est mesurée à la réception. Lors d'une mise en conformité, l'absence de 30 mA sur une salle de bains ou un différentiel général de sensibilité trop élevée figurent parmi les infractions les plus fréquentes que nous relevons.
Rédigé par l'équipe technique Belix GroupRelu par Ismaël, co-fondateurMis à jour le 12 septembre 2026Faits techniques d'après le RGIE Livre 1 et la pratique de terrain

